Les spectateurs et sondage

Les spectateurs sont les principaux intéressés, ce sont les « clients » des technologies numériques. Ils décident de leurs évolutions à venir. Par exemple, d’après le sondage que nous avons réalisé près de 60% d’entre eux trouvent que la 3D est un inconvénient ou n’apporte rien de plus au film. On peut alors se demander si il est judicieux pour les entreprises de persévérer dans cette voie de développement.

Les salles de cinéma

Elles ont un rôle majeur! Ce sont elles qui vulgarisent les innovations technologiques auprès du grand public. Par exemple elles ont permis la première diffusion numérique à Paris en 2000. Aujourd’hui, les trois quart des salles françaises sont équipés d’un système de diffusion numérique (audio et visuel) et six salles sont équipées de la technologie IMAX. Elles sont un intermédiaire essentielle entre les spectateurs et les réalisateurs. Elles ont aussi la lourde tâche de devoir regrouper toutes les technologies sans que celles-ci se court-circuitent : une technologie révolutionnaire et extrêmement précise telle que l’High Frame Rate, pourrait voir son utilité totalement détruite par une mauvaise qualité de diffusion.

Les entreprises

Ce sont elles qui conçoivent, réalisent et vendent aux réalisateurs et aux producteurs les technologies numériques. Pour contrer immédiatement un raccourci très souvent fait, ces entreprises ne sont pas toutes des entreprises américaines, elles sont de toutes nationalités, même française. Le tableau ci-dessous regroupe différentes entreprises en fonction des technologies qu’elles développent, tout en donnant quelques exemples de films, séries télévisées ou jeux vidéo les utilisant. Leurs développements sont très variés : de la fabrication  de caméras vidéos au développement de plug-ins pour les logiciel 3D. Toutes ces technologies ne sont conçues que dans un seul but : être au service de l’imagination de réalisateurs.

Compagnie

Pays

(siège social)

Principales Réalisations

Avancée technologique

Hitachi

Japon (Tokyo)

Création du format M-PEG 2 (enregistrement vidéo)

Sony

Japon (Tokyo)

Caméras vidéo.

Vicon

États-Unis (New York)

Publicité pour la voiture Ford Taps Oculus

Motion capture à marqueurs passifs.

Dynamixyz

France (Rennes)

Clip vidéo « Black Skinhead » Kany West,

Avatar James Cameron

Développement d’un casque (« Performer ») permettant de faire de la Facial Capture sans capteur.

Organic Motion

Etats-Unis (New York)

Cinématique de Assassin’s Creed II (Ubisoft)

Motion capture sans marqueurs.

Ptiphoenix

Canada (Burnaby)

Motion capture utilisant des cellules photosensibles.

ADN (Agence de Doublures Numériques)

France (Paris)

Tron :  l’héritage, Joseph Kosinski

Scan 3D permettant de créer intégralement une doublure numérique.

Technicolor

France

(Issy-Les-Moulineaux)

Harry Potter et Les Reliques de la Mort, David Yates

Méthodes de calculs d’images 3D.

Golaem

France (Rennes)

Astérix au Service de Sa Majesté, Laurent Tirard, Games of Thrones

Développement d’un plug-in pour moteur 3D

Cartographie du monde cinématographique

CartoPour la réalisation de notre cartographie, nous avons choisi de débuter en nous basant sur le site d’IMAX. Comme nous l’avons vu, cette entreprise est désormais au cœur de la fabrication d’un film puisqu’elle y intervient à tous les niveaux : réalisation, post-production, distribution et projection. Nous avons représenté ces étapes sous différentes couleurs. Le bleu englobe les technologies permettant la réalisation et le traitement d’image tandis que le vert correspond à la partie production et diffusion du film. Sans surprise, IMAX est en contact avec ces deux phases. Concernant les fournisseurs de technologies, on note la présence de Dynamixyz, entreprise implantée en Bretagne et que nous avons le loisir de rencontrer. Enfin, parmi les autres entreprises d’innovations techniques, on en retrouve de nombreuses qui sont impliquées dans la motion capture comme ADNDA, Motion Analysis et bien sur Dynamixyz. Depuis le passage au numérique, cette technologie est de plus en plus importante.

Enfin, la partie jaune de notre cartographie représente des sites d’information ou d’actualité. On les a donc classé à part mais ils ont leur importance puisqu’ils sont là pour témoigner des innovations les plus récentes.

Finalement, pour faire un parallèle global avec le propos de notre projet, les innovations technologiques de ces dernières années sont bel et bien mises à disposition des réalisateurs, des artistes, pour leur permettre d’exprimer leur créativité.

Le cinéma, plus qu’une salle de projection

Le 16 Octobre 2013,  à côté de l’aéroport Charles-de-Gaulle à Roissy, Luc Besson a inauguré son premier multiplexe qu’il a qualifié de révolutionnaire. Il se compose de douze salles, parmi lesquelles se trouvent les installations les plus innovantes de France. En plus d’améliorer la qualité de la projection, ce complexe a pour ambition de changer la vision que le spectateur a du cinéma en tant que lieu. Depuis leur création, les cinémas n’ont jamais changé leur mode de fonctionnement : on entre dans le lieu, on achète sa place, on achète quelques friandises pour les plus gourmands et on s’assied sur son siège, afin de profiter pleinement du grand écran qui se dresse devant nous.

Alors que le piratage de films ne cesse d’augmenter et, par la même occasion, de fragiliser le cinéma, il faut encourager les spectateurs à se rendre dans les salles. Il faut leur proposer quelque chose d’exclusif, quelque chose qui les pousserait à laisser leur home cinéma éteint et à se déplacer pour profiter d’un film.

Comme notre sondage le révèle, vous êtes 75% à aller au cinéma pour profiter d’un bon moment entre amis. C’est pour cela que des propositions sont à l’étude pour améliorer l’esprit de convivialité dans le lieu public qu’est le cinéma.

Ainsi, pour en revenir au nouveau multiplexe de Luc Besson, le confort des salles qui le composent a été amélioré. Par exemple, les sièges sont plus confortables, plus larges, et on ne se déplace plus pour aller acheter boissons ou biscuits : une tablette tactile et individuelle nous attend à notre siège pour nous permettre de commander et de nous faire livrer ce dont on a besoin, sans ne rien rater de ce qui se dit dans nos conversations d’avant film.

Pour renforcer la convivialité, certains cinémas envisagent de fusionner trois lieux en un seul : restaurant, cinéma et bar seraient réunis dans un seul et même complexe. On ne donnerait plus rendez-vous à ses amis 20 minutes avant le début de la séance, mais on viendrait plus tôt afin de manger ensemble, d’assister à la projection, et enfin de donner son avis sur le film autour d’une bière. Aux États-Unis, il est même question de pouvoir manger devant le film, un peu à la manière des plateaux repas que chacun peut se faire chez-soi devant sa télévision. Ainsi, chaque spectateur passerait sa commande et celle-ci lui serait apportée par un serveur, et ce sans gêner la vue. Les menus proposés pourraient même être adaptés au film diffusé : il serait possible de commander un civet de lapin façon « Hobbit » devant Le Seigneur des Anneaux, ou bien le fameux « five dollar milkshake » de Pulp Fiction.

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Une des 12 salles du cinéma Aéroville-Europacorp de Luc Besson

Dolby ATMOS

On a tous en tête la véritable révolution qu’a représentée l’apparition de la 3D dans nos salles de cinéma. Si aujourd’hui, le bilan de ces premières années d’expérience semble mitigé, l’image 3D semble encore avoir de beaux jours devant elle. D’ailleurs, en parlant de 3D, une nouvelle technologie va très prochainement faire son apparition dans nos salles : le Dolby ATMOS.

Vous ne voyez pas le rapport avec la 3D ? C’est pourtant simple, ATMOS est en fait le son en 3D. Depuis plusieurs années, nos salles sont, pour la plupart, équipées de systèmes sonores 5.1 ou 7.1. Ces systèmes-là sont les précurseurs de la spatialisation du son. Comme vu précédemment, le 5.1, système le plus fréquent, correspond simplement au nombre de sources sonores de la salle : 5 comme le nombre d’enceintes et 1 pour le nombre de caisson de basses.  Alors que ce dernier est situé devant nous, 4 des 5 enceintes sont positionnées aux 4 coins de la salle tandis que la dernière est positionnée devant nous, au milieu. C’est grâce à ça que l’on a la sensation que les sons peuvent provenir de différentes directions.

Atmos, c’est en quelque sorte l’évolution ultime du système 5.1. En terme de nombre d’enceintes, cela pourrait s’apparenter à du 62.2. Le nombre de sources différentes est multiplié, ce qui permet une plus grande précision de la direction du son. Mais le plus important, c’est que les enceintes sont maintenant disposées au-dessus de nos têtes, ce qui rend l’immersion d’autant plus impressionnante.

La 4ème dimension ?

Je vous arrête de suite, il ne s’agit pas de trouver une 4ème dimension à l’image. Non, en réalité, le cinéma 4D est un autre nom donné au cinéma sensoriel. De nos jours, voir un film au cinéma, c’est donner du plaisir à deux de nos sens : la vue et l’ouïe.

Comme son nom le suggère, le cinéma sensoriel sollicite d’autres sens puisqu’il fait appel à 4 des 5 sens de l’être humain : la vue, l’ouïe mais aussi le toucher et l’odorat. Le principe est simple : à la manière de certaines attractions de parcs tels que le Futuroscope pour évoquer un exemple français, le spectateur se retrouve positionné sur un siège articulé qui peut s’incliner, vibrer ou exercer des pressions sur le spectateur. Mais notre toucher est aussi sollicité différemment, notamment avec la projection d’eau ou de jets d’air pour simuler le vent par exemple.

Pour ce qui est de l’odorat, l’objectif est toujours le même : il faut renforcer l’immersion du spectateur. Ainsi, lors d’une scène de guerre par exemple, il sera possible de diffuser une odeur de plomb.

ATMOS et la 4D, c’est pour bientôt donc ?

Alors que les prochaines salles devraient être équipées du système ATMOS, rien n’est encore sur concernant le cinéma sensoriel. Cette perspective intéresse particulièrement les spectateurs (voir notre sondage) mais même si certains salles équipées ont vu le jour en Corée du Sud, rien n’est sur concernant son arrivée dans les salles Européennes. En effet, le prix d’une place dans une telle salle semble être un obstacle de poids à son expansion.

Quand le cinéma et le jeu vidéo se rencontrent

En 1992 sortait un court métrage d’une vingtaine de minutes : I’m Your Man. Réalisé par Bob Dejan, ce film méconnu du grand public a pour caractéristique d’être le premier film interactif. En effet, il est donné au spectateur la possibilité de choisir quelle tournure vont prendre certains évènements du film.

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Affiche du jeu Heavy Rain

Ce mécanisme n’est pas sans rappeler un autre produit culturel pionnier dans son genre : Heavy Rain. Ce jeu-vidéo sorti en 2010 a apporté quelque chose de nouveau au jeu vidéo puisque ce dernier était lui aussi qualifié de film interactif.

Pour la première fois, le cinéma s’immisçait dans le jeu vidéo.  En effet, le joueur incarne quatre personnages différents et, à défaut de pouvoir maitriser leurs moindres mouvements comme dans les jeux plus classiques, le joueur doit « simplement » faire des choix tout au long de l’aventure qui ont tous une incidence sur la suite du jeu. Par rapport aux jeux traditionnels, l’expérience est totalement différente. Le jeu a recueilli un franc succès et un nouveau titre du même genre a fait son apparition en 2013 : Beyond : Two Souls.

Contrairement à ces jeux-vidéos, le vrai cinéma interactif ne semble pas promis à un grand avenir. Les contraintes techniques et financières semblent trop importantes pour qu’un réalisateur demande à ses acteurs de jouer une même scène de manières différentes, simplement pour offrir différents choix possibles au spectateur.

Cependant, alors que le cinéma a déjà été intégré au jeu-vidéo, il ne serait pas étonnant de voir le jeu-vidéo s’introduire dans le monde du cinéma. En effet, grâce aux progrès réalisés concernant les moteurs graphiques des jeux-vidéos, on peut tout à fait imaginer que, dans les années à venir, ils pourraient être utilisés pour réaliser de véritables scènes de cinéma.