De nouvelles caméras

En Juillet 2014 sortira le quatrième volet de la saga Transformers, réalisé par Michael Bay. A cette occasion, nous pourrons voir les premiers résultats offerts par une toute nouvelle technologie de capture d’image : la caméra IMAX 3D 4K.

  • IMAX, Kesako ?

On a tous déjà vu ou déjà entendu parler de films IMAX, mais au final, on ne sait pas vraiment de quoi il s’agit. IMAX est en réalité la contraction d’Image et Maximum et la société Canadienne qui en porte le nom est à l’origine de la création du dernier format de pellicule utilisé.format pellicule

Connue pour sa qualité d’image nettement supérieure aux films avec pellicules classiques, la diffusion de films certifiés IMAX requiert un aménagement particulier de la salle : l’écran est plus grand (200m² à 350m² de surface) et s’étend de mur à mur et de sol à plafond. Il est aussi positionné plus proche de la première rangée de spectateurs. Voilà les conditions qu’impose la firme Canadienne pour pouvoir diffuser un film estampillé IMAX.

IMAX intervient tout le long du processus de fabrication d’un film : réalisation avec leurs caméras, traitement de l’image et sélection des salles respectant leurs critères pour la distribution.

  • Et l’IMAX 3D 4K, concrètement, c’est quoi ?

Après les premières caméras IMAX utilisant leur format de pellicule, les caméras numériques IMAX sont apparues. Exit les grosses bobines, ces caméras se trouvaient amincies de quelques 113kg, facilitant ainsi le tournage dans des conditions extrêmes. La possibilité de filmer en 3D est ensuite venue se greffer sur ces outils. Enfin, le 4K définit simplement la résolution de capture d’image.

tableau caméras

Cette technologie devrait ainsi se démocratiser dans les mois à venir. C’est en tout cas ce que prédit Michael Bay puisque d’après ses dires, le futur du cinéma est incarné par ce type de technologie. Reste à savoir comment sera accueillie sa dernière réalisation, véritable porte-drapeau de cette techno. Pour cela, rendez-vous dans les salles pour Transformer 4 : Age of Extinction en Juillet !


Ce qu’il faut retenir

Au travers de ces exemples, on se rend compte que la technologie se doit d’être en adéquation avec le scénario et à ce que le réalisateur veut transmettre. Il n’est pas toujours judicieux d’utiliser les dernières innovations technologiques pour réussir un film.

Aujourd’hui, la technique permet de faire des captations de plus en plus précises, d’avoir des rendus de plus en plus réalistes. Il est même possible de faire apparaître à l’écran des acteurs disparus, ou sous des traits plus jeunes. Si la barrière de la technique n’existe plus, celle de la déontologie reste bien présente. Bien que le jeu d’un acteur soit spécifique pour chaque réalisation, il est possible de n’utiliser que leur doublure numérique et ainsi de se passer de leurs prestations.

Andy_Serkis_Comic-Con_2011
Andy Serkis

Le cinéma numérique propose de nouvelles technologies permettant de réaliser un film, mais il ne balaie pas les autres méthodes existant depuis des décennies. L’humain reste toujours mis en avant, et c’est un point de vue que partage Andy Serkis, l’acteur expérimenté de la performance capture, qui incarne Gollum (Le Seigneur des Anneaux, Le Hobbit), King Kong, Le Capitaine Haddock (Les Aventures de Tintin : Le Secret de la Licorne) : « La performance capture permet de relier un comédien à un personnage numérique. Par essence, c’est de la marionnetterie, mais d’une manière différente. Les outils importent peu, en fin de compte, du moment qu’il y a de l’honnêteté et une connexion émotionnelle avec le personnage. »

Motion capture

La capture d’image au cinéma a été totalement révolutionnée avec l’arrivée de l’image 3D. Dès lors, les réalisateurs ne se sont plus contentés de simplement filmer les acteurs, ils ont souhaité enregistrer leur gestuelle, leur façon de bouger, afin de pouvoir les contrôler. La motion capture est un procédé utilisé pour enregistrer les positions et les mouvements des objets ou des êtres vivants afin de pouvoir les contrôler virtuellement à l’aide d’un ordinateur. On peut ainsi créer des doublures numériques d’acteurs, multiplier virtuellement le nombre de figurants ou encore faire un film qui se déroule dans l’espace sans quitter Los Angeles. Trois grandes méthodes sont aujourd’hui utilisées pour faire ce qu’on appelle la motion capture: la capture optique, la capture magnétique et la capture mécanique. Chacune d’entre elles est basée sur différentes technologies.

  • Caméra avec marqueurs passifs

Motion_Capture_with_Chad_Phantom

Pour cette technique, les acteurs sont vêtus d’une combinaison noire en latex, sur laquelle on dispose, à des points stratégiques (souvent les articulations) des marqueurs. Ce sont de petites boules constituées d’une matière blanche, réfléchissante. Les images filmées sont donc en noir et blanc, sur 2 bits (1 pour chaque couleur). Les caméras envoient un rayonnement infrarouge qui est alors réfléchi par la surface des marqueurs, vers ces mêmes caméras.

Une fois la capture d’image terminée, les images filmées sont envoyées vers un logiciel de traitement d’image. Ce logiciel  associé à un moteur de rendu 3D permet  d’extraire le mouvement des acteurs depuis les images filmées. De nombreuses entreprises sont spécialisées dans ce type de capture optique, les plus importantes étant Vicon, MotionAnalysis ou encore NaturalPoint.

  • La caméra Kinect : une révolution

La caméra Kinect est une caméra permettant de filmer en 3D. Par le biais d’une caméra, une trame de lumière infrarouge est projetée sur les objets, qui, en la réfléchissant, permettent de définir l’image 3D. Cette technologie avait à l’origine été conçue pour la Xbox en septembre 2008,  et elle a  très vite été détournée de son utilisation première.

Dynamixyz, start-up rennaise qui s’est spécialisée dans la capture 3D des images faciales, associe ces deux techniques pour reproduire avec une exactitude étonnante les expressions du visage. Pour cela, elle a développé « Performer », un casque, qui possède une caméra de technologie type Kinect. A l’aide de 3 capteurs placés sur le torse, il permet de détecter les mouvements du visage. Pour le bon traitement de l’image filmée par cette caméra embarquée.

Dynamixyz a également développé un software, un plug-in s’installant sur MAYA, logiciel de traitement d’image 3D, et qui permet de venir sélectionner une centaine de points sur le visage du comédien. Ces points se situent essentiellement au niveau du contour des yeux et des sourcils, autour de la bouche et du nez. L’avantage de ce produit par rapport aux autres caméras de ce type est le rendu en temps réel : à l’aide du software vendu avec le casque, on peut voir en temps réel ce que donneront les expressions des comédiens sur le personnage numérique qu’il interprète. Les technologies de Dynamixyz ont notamment été utilisées lors de la réalisation d’Avatar. En effet, les principaux clients de cette entreprise, et de façon générale les principaux clients des entreprises spécialisées dans les technologies numériques au cinéma, sont nord-américains.

  •  Une avancée technologique sans précédent?

ADN (Agence de Doublure Numérique), entreprise française, est actuellement en train de révolutionner le cinéma numérique tel qu’on le connaît aujourd’hui. En effet, leur technologie dépasse la simple motion capture, elle permet de créer intégralement un double numérique que l’on peut ensuite utiliser à sa convenance. Cette doublure peut remplacer complètement l’acteur numérisé lors d’un film ce qui peut soulever des problèmes d’éthique. En effet, la doublure numérique créée est un produit de ADN,  elle lui appartient, elle peut donc la commercialiser. Pourtant le droit à l’image de chacun pourrait amener un acteur à refuser qu’on commercialise sa doublure pour plusieurs films différents. De plus, on pourrait imaginer un futur proche dans lequel les doublures numériques créées remplaceraient complétement les acteurs.

ADN commercialise un système de scan 3D permettant de numériser entièrement la morphologie de l’acteur. Le réalisateur peut alors utiliser ces images numériques que ce soit sous forme d’un avatar numérique ou de personnage réel, c’est-à-dire qu’on retranscrit l’image 3D de l’acteur telle qu’elle est, sans transférer les mouvements de son corps et de son visage dans un personnage fictif. C’est alors l’artiste qui, à l’aide de son ordinateur, va venir « piloter » l’acteur numérique, pour lui faire faire les mouvements qu’il veut ; l’acteur est complètement remplacé.

Les différentes formes du numérique au cinéma

Les technologies numériques de cinéma sont nombreuses, et il est impossible de toutes les répertorier. Pour bien vous expliquer de quoi il s’agit ici, nous avons découpé ces technologies en différentes catégories. La première concerne la capture de l’image: elle explique notamment le fonctionnement des caméras, de la motion capture. La seconde s’intitule traitement de l’image, et vous apprendra comment les professionnels du milieu créent un effet spécial. Enfin, la dernière concerne le son au cinéma, tant la façon de l’enregistrer que la façon de le restituer.

La caméra et enregistrement vidéo

La motion capture

Traitement de l’image

Le son au cinéma

Dernière étape : la salle de cinéma

Si cette étape ne figure pas dans le processus de fabrication d’un film, elle reste néanmoins la phase finale du film. Parti d’une idée, d’un scénario, le film atteint dans les salles de cinéma le but pour lequel il a été créé. Une salle de projection actuelle est entièrement numérique. Finies les bobines, remplacées par des disques dur! (plus d’informations sur le projecteur conventionnel,  ici (page Wikipedia)).

35mm cinema projectors in a changeover installation
Projecteur conventionnel

Tout est maintenant dirigé par le biais d’un ordinateur connecté à un serveur, lui-même relié au projecteur.

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Ordinateur relié au projecteur et au serveur en dessous

Dans tout ceci, le projectionniste n’a aujourd’hui plus grand-chose à faire si ce n’est double-cliquer sur le fichier du film est attendre la fin de la séance, ce qui, pour beaucoup, créé une mécanisation du cinéma et retire l’aspect « humain » de la projection. Cependant, le passage au numérique a permis de faire évoluer le monde du cinéma. Ainsi, les films en 3D sont nécessairement projetés par le biais de tels projecteurs numériques. Cela permet aussi de réduire les coûts de fabrication d’un film, quand on sait que le prix d’une bobine argentique coût relativement cher, et d’assurer une meilleur diffusion de l’œuvre (il n’est plus nécessaire de passer la bobine de cinéma en cinéma comme c’était le cas avant). En outre, le support numérique permet une conservation intégrale du film, qui ne se dégrade pas, contrairement à la bobine argentique.

Ci-dessous, voici un court documentaire vidéo expliquant le passage de la projection conventionnelle à la projection numérique.

Qu’est-ce que la post production

C’est ici que le numérique à le plus apporté au cinéma, du montage au son, tous les processus de finition du film se sont vus améliorés grâce aux progrès remarquables dans le domaine de l’art numérique (les outils informatiques pour la création visuelle se sont beaucoup développés et sont de plus en plus accessibles). Aucune des étapes qui composent la post production ne se font sans l’aide d’un outil numérique. Il y a ainsi trois grandes étapes dans la post production.

Voici une vidéo tirée du Making-Of du film The Hobbit de Peter Jackson. Le réalisateur explique ici toutes facettes de la post production.