Ce qu’il faut retenir

Au travers de ces exemples, on se rend compte que la technologie se doit d’être en adéquation avec le scénario et à ce que le réalisateur veut transmettre. Il n’est pas toujours judicieux d’utiliser les dernières innovations technologiques pour réussir un film.

Aujourd’hui, la technique permet de faire des captations de plus en plus précises, d’avoir des rendus de plus en plus réalistes. Il est même possible de faire apparaître à l’écran des acteurs disparus, ou sous des traits plus jeunes. Si la barrière de la technique n’existe plus, celle de la déontologie reste bien présente. Bien que le jeu d’un acteur soit spécifique pour chaque réalisation, il est possible de n’utiliser que leur doublure numérique et ainsi de se passer de leurs prestations.

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Andy Serkis

Le cinéma numérique propose de nouvelles technologies permettant de réaliser un film, mais il ne balaie pas les autres méthodes existant depuis des décennies. L’humain reste toujours mis en avant, et c’est un point de vue que partage Andy Serkis, l’acteur expérimenté de la performance capture, qui incarne Gollum (Le Seigneur des Anneaux, Le Hobbit), King Kong, Le Capitaine Haddock (Les Aventures de Tintin : Le Secret de la Licorne) : « La performance capture permet de relier un comédien à un personnage numérique. Par essence, c’est de la marionnetterie, mais d’une manière différente. Les outils importent peu, en fin de compte, du moment qu’il y a de l’honnêteté et une connexion émotionnelle avec le personnage. »

Ça tourne !

Il s’agit de la partie que tout le monde connaît : les acteurs sur le plateau,  et le réalisateur les dirigeant, derrière la caméra. L’intervention du numérique se fait ici dans la partie matériel. L’arrivée des caméras numériques, qui enregistrent toutes les données directement en format dématérialisé, ont grandement facilité le travail du réalisateur car il a désormais un accès direct aux images capturées. De plus, les logiciels de traitement d’image en temps réel permettent d’avoir un aperçu quasiment instantané de ce que donnera la scène après l’application des effets spéciaux, et autres trucages numériques. Encore une fois, ces améliorations qui sont aux services du réalisateur lui permettent d’économiser du temps ainsi que le coûts des nombreuses pellicules.

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Plateau de tournage de Star Wars Episode III : La revanche des Sith

Voici une vidéo extraite du blog de Peter Jackson, le réalisateur de la trilogie du Seigneur des Anneaux, et qui travaille actuellement sur l’adaptation du livre The Hobbit de Tolkien. Sur ces images, Peter Jackson explique  le processus de tournage en 3D et les différents changements qu’il y a par rapport au matériel conventionnel.

Mise en Place du film

C’est la partie qui consiste à réunir toutes les personnes nécessaires afin que le réalisateur puisse tourner son film dans les meilleures conditions. Avant tout, le film est illustré sur un storyboard afin de donner une idée plus précise de ce à quoi l’ambiance visuelle du film doit ressembler.

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Exemple de storyboard

Dans certains films à gros budget, une version animée du film est réalisée. Cette version très complète, bien que basique visuellement, permet au réalisateur de fixer beaucoup de détails concernant les différentes scènes et ainsi de réaliser son plan de travail (voir définition sur wikipédia : ici). Ce film d’animation permet donc de montrer le type de décor traversé, choisir l’angle de la caméra, le type de plan filmé ou encore le timing de la scène. C’est aussi pendant cette étape que les différents lieux de tournage vont être sélectionnés. Là encore, des outils tels que Google Earth sont utilisés pour faire une première sélection, permettant ainsi un réel gain de temps et d’argent.

L’apport de cet outil informatique est indéniable sur le plan financier: les acteurs et le réalisateur ayant déjà un visuel de la scène, le temps de tournage en est logiquement diminué.

D’où provient l’argent ?

Une fois que le réalisateur tient son scénario, il faut trouver les financements nécessaires à la réalisation. Classiquement, les réalisateurs s’adressent à des maisons de productions qui décident d’appuyer, ou non, un projet. Le coût de production d’un film peut varier d’un genre à l’autre et la différence entre un film numérique et un film sur bobine est assez élevée. Comme on peut le voir sur le tableau ci-dessous, les films de fiction sont ceux qui coûtent le plus cher, et l’explication tient en deux points: tout d’abord, les films de science-fiction sont très souvent tournés en intérieur, en studio, ce qui demande de concevoir des décors de taille considérable, et très coûteux. Ensuite, il y a le coût de traitement de l’image, qui nécessite beaucoup de moyens. On voit aussi que pour la réalisation d’un film d’animation, le coût de production a triplé du fait de l’évolution des techniques qui permettent de produire des films de plus en plus réalistes. La tendance générale est à la hausse comme le montre le tableau.

Coûts totaux des films pour un genre donné  (en M€) (source : Wikipédia)

Depuis les années 2000, il existe un moyen alternatif pour financer un projet : le « Crowdfunding », ou  plate-forme de financement participatif. Toute personne ayant besoin de fonds pour son projet peut déposer une annonce sur Internet visant à recueillir une somme d’argent. Si la somme demandée est atteinte, le cinéaste reçoit son financement. Si le montant n’est pas atteint, les contributeurs sont remboursés de la somme investie dans le projet. Il existe de nombreuses plateformes de ce type sur le web. Parmi les plus répandues, on pourra citer My Major Company, qui s’adresse à différents types de projets (cinématographique, musical, industriel, …) et qui a fait émergé, entre autres, le court-métrage et épisode pilote Le Petit Chaperon Rouge – la série, présenté au festival de Cannes 2013.

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Affiche de la série le petit Chaperon Rouge présentée au festival de Cannes et financé en partie par le crowfounding

Cependant des plateformes spécialisé dans le 7ème art existe comme People for Cinema (http://www.peopleforcinema.com/) et Movies-Angels (http://www.movies-angels.com/).

Le numérique s’immisce jusque dans le financement d’un film, et apporte ses innovations par le biais d’Internet. Le système de financement participatif en est actuellement à ses premiers balbutiements et ne demande qu’à se développer, ce qui paraît probable au vu de l’engouement et de la popularité dont celui-ci jouit auprès des professionnels du milieu (Alexandre Astier a évoqué l’idée d’utiliser ce système de financement pour ses prochains films)