Cartographie du monde cinématographique

CartoPour la réalisation de notre cartographie, nous avons choisi de débuter en nous basant sur le site d’IMAX. Comme nous l’avons vu, cette entreprise est désormais au cœur de la fabrication d’un film puisqu’elle y intervient à tous les niveaux : réalisation, post-production, distribution et projection. Nous avons représenté ces étapes sous différentes couleurs. Le bleu englobe les technologies permettant la réalisation et le traitement d’image tandis que le vert correspond à la partie production et diffusion du film. Sans surprise, IMAX est en contact avec ces deux phases. Concernant les fournisseurs de technologies, on note la présence de Dynamixyz, entreprise implantée en Bretagne et que nous avons le loisir de rencontrer. Enfin, parmi les autres entreprises d’innovations techniques, on en retrouve de nombreuses qui sont impliquées dans la motion capture comme ADNDA, Motion Analysis et bien sur Dynamixyz. Depuis le passage au numérique, cette technologie est de plus en plus importante.

Enfin, la partie jaune de notre cartographie représente des sites d’information ou d’actualité. On les a donc classé à part mais ils ont leur importance puisqu’ils sont là pour témoigner des innovations les plus récentes.

Finalement, pour faire un parallèle global avec le propos de notre projet, les innovations technologiques de ces dernières années sont bel et bien mises à disposition des réalisateurs, des artistes, pour leur permettre d’exprimer leur créativité.

Acteurs

  • Les entreprises :

Ce sont elles qui conçoivent, réalisent et vendent aux réalisateurs et aux producteurs les technologies numériques. Pour contrer immédiatement un raccourci très souvent fait, ces entreprises ne sont pas toutes des entreprises américaines, elles sont de toutes nationalités, même française. Le tableau ci-dessous regroupe différentes entreprises en fonction des technologies qu’elles développent, tout en donnant quelques exemples de films, séries télévisées ou jeux vidéo les utilisant. Leurs développements sont très variés : de la fabrication  de caméras vidéos au développement de plug-ins pour les logiciel 3D. Toutes ces technologies ne sont conçues que dans un seul but : être au service de l’imagination de réalisateurs.

Compagnie

Pays

(siège social)

Principales Réalisations

Avancée technologique

Hitachi

Japon (Tokyo)

Création du format M-PEG 2 (enregistrement vidéo)

Sony

Japon (Tokyo)

Caméras vidéo.

Vicon

États-Unis (New York)

Publicité pour la voiture Ford Taps Oculus

Motion capture à marqueurs passifs.

Dynamixyz

France (Rennes)

Clip vidéo « Black Skinhead » Kany West,

Avatar James Cameron

Développement d’un casque (« Performer ») permettant de faire de la Facial Capture sans capteur.

Organic Motion

Etats-Unis (New York)

Cinématique de Assassin’s Creed II (Ubisoft)

Motion capture sans marqueurs.

Ptiphoenix

Canada (Burnaby)

Motion capture utilisant des cellules photosensibles.

ADN (Agence de Doublures Numériques)

France (Paris)

Tron :  l’héritage, Joseph Kosinski

Scan 3D permettant de créer intégralement une doublure numérique.

Technicolor

France

(Issy-Les-Moulineaux)

Harry Potter et Les Reliques de la Mort, David Yates

Méthodes de calculs d’images 3D.

Golaem

France (Rennes)

Astérix au Service de Sa Majesté, Laurent Tirard, Games of Thrones

Développement d’un plug-in pour moteur 3D

  • Les réalisateurs :

Ce sont eux qui mettent en place les technologies disponibles sur le marché pour réaliser leurs films: les caméras, la motion capture, la technologie sonore ! Ce sont les clients directs des entreprises, auxquelles ils font remonter leurs envies et idées d’évolution ou de création de technologies pour leurs prochains films.

  • Les salles de cinéma :

Elles ont un rôle majeur! Ce sont elles qui vulgarisent les innovations technologiques auprès du grand public. Par exemple elles ont permis la première diffusion numérique à Paris en 2000. Aujourd’hui, les trois quart des salles françaises sont équipés d’un système de diffusion numérique (audio et visuel) et six salles sont équipées de la technologie IMAX. Elles sont un intermédiaire essentielle entre les spectateurs et les réalisateurs. Elles ont aussi la lourde tâche de devoir regrouper toutes les technologies sans que celles-ci se court-circuitent : une technologie révolutionnaire et extrêmement précise telle que l’High Frame Rate, pourrait voir son utilité totalement détruite par une mauvaise qualité de diffusion.

  • Les spectateurs :

Les spectateurs sont les principaux intéressés, ce sont les « clients » des technologies numériques. Ils décident de leurs évolutions à venir. Par exemple, d’après le sondage que nous avons réalisé près de 60% d’entre eux trouvent que la 3D est un inconvénient ou n’apporte rien de plus au film. On peut alors se demander si il est judicieux pour les entreprises de persévérer dans cette voie de développement.

Motion capture

La capture d’image au cinéma a été totalement révolutionnée avec l’arrivée de l’image 3D. Dès lors, les réalisateurs ne se sont plus contentés de simplement filmer les acteurs, ils ont souhaité enregistrer leur gestuelle, leur façon de bouger, afin de pouvoir les contrôler. La motion capture est un procédé utilisé pour enregistrer les positions et les mouvements des objets ou des êtres vivants afin de pouvoir les contrôler virtuellement à l’aide d’un ordinateur. On peut ainsi créer des doublures numériques d’acteurs, multiplier virtuellement le nombre de figurants ou encore faire un film qui se déroule dans l’espace sans quitter Los Angeles. Trois grandes méthodes sont aujourd’hui utilisées pour faire ce qu’on appelle la motion capture: la capture optique, la capture magnétique et la capture mécanique. Chacune d’entre elles est basée sur différentes technologies.

  • Caméra avec marqueurs passifs

Motion_Capture_with_Chad_Phantom

Pour cette technique, les acteurs sont vêtus d’une combinaison noire en latex, sur laquelle on dispose, à des points stratégiques (souvent les articulations) des marqueurs. Ce sont de petites boules constituées d’une matière blanche, réfléchissante. Les images filmées sont donc en noir et blanc, sur 2 bits (1 pour chaque couleur). Les caméras envoient un rayonnement infrarouge qui est alors réfléchi par la surface des marqueurs, vers ces mêmes caméras.

Une fois la capture d’image terminée, les images filmées sont envoyées vers un logiciel de traitement d’image. Ce logiciel  associé à un moteur de rendu 3D permet  d’extraire le mouvement des acteurs depuis les images filmées. De nombreuses entreprises sont spécialisées dans ce type de capture optique, les plus importantes étant Vicon, MotionAnalysis ou encore NaturalPoint.

  • La caméra Kinect : une révolution

La caméra Kinect est une caméra permettant de filmer en 3D. Par le biais d’une caméra, une trame de lumière infrarouge est projetée sur les objets, qui, en la réfléchissant, permettent de définir l’image 3D. Cette technologie avait à l’origine été conçue pour la Xbox en septembre 2008,  et elle a  très vite été détournée de son utilisation première.

Dynamixyz, start-up rennaise qui s’est spécialisée dans la capture 3D des images faciales, associe ces deux techniques pour reproduire avec une exactitude étonnante les expressions du visage. Pour cela, elle a développé « Performer », un casque, qui possède une caméra de technologie type Kinect. A l’aide de 3 capteurs placés sur le torse, il permet de détecter les mouvements du visage. Pour le bon traitement de l’image filmée par cette caméra embarquée.

Dynamixyz a également développé un software, un plug-in s’installant sur MAYA, logiciel de traitement d’image 3D, et qui permet de venir sélectionner une centaine de points sur le visage du comédien. Ces points se situent essentiellement au niveau du contour des yeux et des sourcils, autour de la bouche et du nez. L’avantage de ce produit par rapport aux autres caméras de ce type est le rendu en temps réel : à l’aide du software vendu avec le casque, on peut voir en temps réel ce que donneront les expressions des comédiens sur le personnage numérique qu’il interprète. Les technologies de Dynamixyz ont notamment été utilisées lors de la réalisation d’Avatar. En effet, les principaux clients de cette entreprise, et de façon générale les principaux clients des entreprises spécialisées dans les technologies numériques au cinéma, sont nord-américains.

  •  Une avancée technologique sans précédent?

ADN (Agence de Doublure Numérique), entreprise française, est actuellement en train de révolutionner le cinéma numérique tel qu’on le connaît aujourd’hui. En effet, leur technologie dépasse la simple motion capture, elle permet de créer intégralement un double numérique que l’on peut ensuite utiliser à sa convenance. Cette doublure peut remplacer complètement l’acteur numérisé lors d’un film ce qui peut soulever des problèmes d’éthique. En effet, la doublure numérique créée est un produit de ADN,  elle lui appartient, elle peut donc la commercialiser. Pourtant le droit à l’image de chacun pourrait amener un acteur à refuser qu’on commercialise sa doublure pour plusieurs films différents. De plus, on pourrait imaginer un futur proche dans lequel les doublures numériques créées remplaceraient complétement les acteurs.

ADN commercialise un système de scan 3D permettant de numériser entièrement la morphologie de l’acteur. Le réalisateur peut alors utiliser ces images numériques que ce soit sous forme d’un avatar numérique ou de personnage réel, c’est-à-dire qu’on retranscrit l’image 3D de l’acteur telle qu’elle est, sans transférer les mouvements de son corps et de son visage dans un personnage fictif. C’est alors l’artiste qui, à l’aide de son ordinateur, va venir « piloter » l’acteur numérique, pour lui faire faire les mouvements qu’il veut ; l’acteur est complètement remplacé.