Le cinéma, plus qu’une salle de projection

Le 16 Octobre 2013,  à côté de l’aéroport Charles-de-Gaulle à Roissy, Luc Besson a inauguré son premier multiplexe qu’il a qualifié de révolutionnaire. Il se compose de douze salles, parmi lesquelles se trouvent les installations les plus innovantes de France. En plus d’améliorer la qualité de la projection, ce complexe a pour ambition de changer la vision que le spectateur a du cinéma en tant que lieu. Depuis leur création, les cinémas n’ont jamais changé leur mode de fonctionnement : on entre dans le lieu, on achète sa place, on achète quelques friandises pour les plus gourmands et on s’assied sur son siège, afin de profiter pleinement du grand écran qui se dresse devant nous.

Alors que le piratage de films ne cesse d’augmenter et, par la même occasion, de fragiliser le cinéma, il faut encourager les spectateurs à se rendre dans les salles. Il faut leur proposer quelque chose d’exclusif, quelque chose qui les pousserait à laisser leur home cinéma éteint et à se déplacer pour profiter d’un film.

Comme notre sondage le révèle, vous êtes 75% à aller au cinéma pour profiter d’un bon moment entre amis. C’est pour cela que des propositions sont à l’étude pour améliorer l’esprit de convivialité dans le lieu public qu’est le cinéma.

Ainsi, pour en revenir au nouveau multiplexe de Luc Besson, le confort des salles qui le composent a été amélioré. Par exemple, les sièges sont plus confortables, plus larges, et on ne se déplace plus pour aller acheter boissons ou biscuits : une tablette tactile et individuelle nous attend à notre siège pour nous permettre de commander et de nous faire livrer ce dont on a besoin, sans ne rien rater de ce qui se dit dans nos conversations d’avant film.

Pour renforcer la convivialité, certains cinémas envisagent de fusionner trois lieux en un seul : restaurant, cinéma et bar seraient réunis dans un seul et même complexe. On ne donnerait plus rendez-vous à ses amis 20 minutes avant le début de la séance, mais on viendrait plus tôt afin de manger ensemble, d’assister à la projection, et enfin de donner son avis sur le film autour d’une bière. Aux États-Unis, il est même question de pouvoir manger devant le film, un peu à la manière des plateaux repas que chacun peut se faire chez-soi devant sa télévision. Ainsi, chaque spectateur passerait sa commande et celle-ci lui serait apportée par un serveur, et ce sans gêner la vue. Les menus proposés pourraient même être adaptés au film diffusé : il serait possible de commander un civet de lapin façon « Hobbit » devant Le Seigneur des Anneaux, ou bien le fameux « five dollar milkshake » de Pulp Fiction.

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Une des 12 salles du cinéma Aéroville-Europacorp de Luc Besson

Dolby ATMOS

On a tous en tête la véritable révolution qu’a représentée l’apparition de la 3D dans nos salles de cinéma. Si aujourd’hui, le bilan de ces premières années d’expérience semble mitigé, l’image 3D semble encore avoir de beaux jours devant elle. D’ailleurs, en parlant de 3D, une nouvelle technologie va très prochainement faire son apparition dans nos salles : le Dolby ATMOS.

Vous ne voyez pas le rapport avec la 3D ? C’est pourtant simple, ATMOS est en fait le son en 3D. Depuis plusieurs années, nos salles sont, pour la plupart, équipées de systèmes sonores 5.1 ou 7.1. Ces systèmes-là sont les précurseurs de la spatialisation du son. Comme vu précédemment, le 5.1, système le plus fréquent, correspond simplement au nombre de sources sonores de la salle : 5 comme le nombre d’enceintes et 1 pour le nombre de caisson de basses.  Alors que ce dernier est situé devant nous, 4 des 5 enceintes sont positionnées aux 4 coins de la salle tandis que la dernière est positionnée devant nous, au milieu. C’est grâce à ça que l’on a la sensation que les sons peuvent provenir de différentes directions.

Atmos, c’est en quelque sorte l’évolution ultime du système 5.1. En terme de nombre d’enceintes, cela pourrait s’apparenter à du 62.2. Le nombre de sources différentes est multiplié, ce qui permet une plus grande précision de la direction du son. Mais le plus important, c’est que les enceintes sont maintenant disposées au-dessus de nos têtes, ce qui rend l’immersion d’autant plus impressionnante.

La 4ème dimension ?

Je vous arrête de suite, il ne s’agit pas de trouver une 4ème dimension à l’image. Non, en réalité, le cinéma 4D est un autre nom donné au cinéma sensoriel. De nos jours, voir un film au cinéma, c’est donner du plaisir à deux de nos sens : la vue et l’ouïe.

Comme son nom le suggère, le cinéma sensoriel sollicite d’autres sens puisqu’il fait appel à 4 des 5 sens de l’être humain : la vue, l’ouïe mais aussi le toucher et l’odorat. Le principe est simple : à la manière de certaines attractions de parcs tels que le Futuroscope pour évoquer un exemple français, le spectateur se retrouve positionné sur un siège articulé qui peut s’incliner, vibrer ou exercer des pressions sur le spectateur. Mais notre toucher est aussi sollicité différemment, notamment avec la projection d’eau ou de jets d’air pour simuler le vent par exemple.

Pour ce qui est de l’odorat, l’objectif est toujours le même : il faut renforcer l’immersion du spectateur. Ainsi, lors d’une scène de guerre par exemple, il sera possible de diffuser une odeur de plomb.

ATMOS et la 4D, c’est pour bientôt donc ?

Alors que les prochaines salles devraient être équipées du système ATMOS, rien n’est encore sur concernant le cinéma sensoriel. Cette perspective intéresse particulièrement les spectateurs (voir notre sondage) mais même si certains salles équipées ont vu le jour en Corée du Sud, rien n’est sur concernant son arrivée dans les salles Européennes. En effet, le prix d’une place dans une telle salle semble être un obstacle de poids à son expansion.

Le cinéma de demain

Dans cette section, notre but est tout simplement de vous donner un avant-goût de ce que vous pourriez retrouver dans le cinéma de votre ville dans un futur proche. Nous ne sommes certainement pas en mesure de vous révéler en exclusivité le portrait du cinéma de demain. En revanche, en se basant sur certaines innovations apparues ces derniers mois ou sur le point d’être mises en place, nous voulons vous donner quelques éléments sur comment seront réalisés les prochains films à l’affiche, sur les moyens de diffusion qui pourraient être utilisés et sur l’environnement dans lequel ils seront diffusés.

De nouvelles caméras

Cinéma et jeu vidéo

3D, et après ?

Le cinéma, plus qu’une salle de projection

Dernière étape : la salle de cinéma

Si cette étape ne figure pas dans le processus de fabrication d’un film, elle reste néanmoins la phase finale du film. Parti d’une idée, d’un scénario, le film atteint dans les salles de cinéma le but pour lequel il a été créé. Une salle de projection actuelle est entièrement numérique. Finies les bobines, remplacées par des disques dur! (plus d’informations sur le projecteur conventionnel,  ici (page Wikipedia)).

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Projecteur conventionnel

Tout est maintenant dirigé par le biais d’un ordinateur connecté à un serveur, lui-même relié au projecteur.

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Ordinateur relié au projecteur et au serveur en dessous

Dans tout ceci, le projectionniste n’a aujourd’hui plus grand-chose à faire si ce n’est double-cliquer sur le fichier du film est attendre la fin de la séance, ce qui, pour beaucoup, créé une mécanisation du cinéma et retire l’aspect « humain » de la projection. Cependant, le passage au numérique a permis de faire évoluer le monde du cinéma. Ainsi, les films en 3D sont nécessairement projetés par le biais de tels projecteurs numériques. Cela permet aussi de réduire les coûts de fabrication d’un film, quand on sait que le prix d’une bobine argentique coût relativement cher, et d’assurer une meilleur diffusion de l’œuvre (il n’est plus nécessaire de passer la bobine de cinéma en cinéma comme c’était le cas avant). En outre, le support numérique permet une conservation intégrale du film, qui ne se dégrade pas, contrairement à la bobine argentique.

Ci-dessous, voici un court documentaire vidéo expliquant le passage de la projection conventionnelle à la projection numérique.