L’histoire du cinéma numérique

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Motion capture

La capture d’image au cinéma a été totalement révolutionnée avec l’arrivée de l’image 3D. Dès lors, les réalisateurs ne se sont plus contentés de simplement filmer les acteurs, ils ont souhaité enregistrer leur gestuelle, leur façon de bouger, afin de pouvoir les contrôler. La motion capture est un procédé utilisé pour enregistrer les positions et les mouvements des objets ou des êtres vivants afin de pouvoir les contrôler virtuellement à l’aide d’un ordinateur. On peut ainsi créer des doublures numériques d’acteurs, multiplier virtuellement le nombre de figurants ou encore faire un film qui se déroule dans l’espace sans quitter Los Angeles. Trois grandes méthodes sont aujourd’hui utilisées pour faire ce qu’on appelle la motion capture: la capture optique, la capture magnétique et la capture mécanique. Chacune d’entre elles est basée sur différentes technologies.

  • Caméra avec marqueurs passifs

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Pour cette technique, les acteurs sont vêtus d’une combinaison noire en latex, sur laquelle on dispose, à des points stratégiques (souvent les articulations) des marqueurs. Ce sont de petites boules constituées d’une matière blanche, réfléchissante. Les images filmées sont donc en noir et blanc, sur 2 bits (1 pour chaque couleur). Les caméras envoient un rayonnement infrarouge qui est alors réfléchi par la surface des marqueurs, vers ces mêmes caméras.

Une fois la capture d’image terminée, les images filmées sont envoyées vers un logiciel de traitement d’image. Ce logiciel  associé à un moteur de rendu 3D permet  d’extraire le mouvement des acteurs depuis les images filmées. De nombreuses entreprises sont spécialisées dans ce type de capture optique, les plus importantes étant Vicon, MotionAnalysis ou encore NaturalPoint.

  • La caméra Kinect : une révolution

La caméra Kinect est une caméra permettant de filmer en 3D. Par le biais d’une caméra, une trame de lumière infrarouge est projetée sur les objets, qui, en la réfléchissant, permettent de définir l’image 3D. Cette technologie avait à l’origine été conçue pour la Xbox en septembre 2008,  et elle a  très vite été détournée de son utilisation première.

Dynamixyz, start-up rennaise qui s’est spécialisée dans la capture 3D des images faciales, associe ces deux techniques pour reproduire avec une exactitude étonnante les expressions du visage. Pour cela, elle a développé « Performer », un casque, qui possède une caméra de technologie type Kinect. A l’aide de 3 capteurs placés sur le torse, il permet de détecter les mouvements du visage. Pour le bon traitement de l’image filmée par cette caméra embarquée.

Dynamixyz a également développé un software, un plug-in s’installant sur MAYA, logiciel de traitement d’image 3D, et qui permet de venir sélectionner une centaine de points sur le visage du comédien. Ces points se situent essentiellement au niveau du contour des yeux et des sourcils, autour de la bouche et du nez. L’avantage de ce produit par rapport aux autres caméras de ce type est le rendu en temps réel : à l’aide du software vendu avec le casque, on peut voir en temps réel ce que donneront les expressions des comédiens sur le personnage numérique qu’il interprète. Les technologies de Dynamixyz ont notamment été utilisées lors de la réalisation d’Avatar. En effet, les principaux clients de cette entreprise, et de façon générale les principaux clients des entreprises spécialisées dans les technologies numériques au cinéma, sont nord-américains.

  •  Une avancée technologique sans précédent?

ADN (Agence de Doublure Numérique), entreprise française, est actuellement en train de révolutionner le cinéma numérique tel qu’on le connaît aujourd’hui. En effet, leur technologie dépasse la simple motion capture, elle permet de créer intégralement un double numérique que l’on peut ensuite utiliser à sa convenance. Cette doublure peut remplacer complètement l’acteur numérisé lors d’un film ce qui peut soulever des problèmes d’éthique. En effet, la doublure numérique créée est un produit de ADN,  elle lui appartient, elle peut donc la commercialiser. Pourtant le droit à l’image de chacun pourrait amener un acteur à refuser qu’on commercialise sa doublure pour plusieurs films différents. De plus, on pourrait imaginer un futur proche dans lequel les doublures numériques créées remplaceraient complétement les acteurs.

ADN commercialise un système de scan 3D permettant de numériser entièrement la morphologie de l’acteur. Le réalisateur peut alors utiliser ces images numériques que ce soit sous forme d’un avatar numérique ou de personnage réel, c’est-à-dire qu’on retranscrit l’image 3D de l’acteur telle qu’elle est, sans transférer les mouvements de son corps et de son visage dans un personnage fictif. C’est alors l’artiste qui, à l’aide de son ordinateur, va venir « piloter » l’acteur numérique, pour lui faire faire les mouvements qu’il veut ; l’acteur est complètement remplacé.

Les différentes formes du numérique au cinéma

Les technologies numériques de cinéma sont nombreuses, et il est impossible de toutes les répertorier. Pour bien vous expliquer de quoi il s’agit ici, nous avons découpé ces technologies en différentes catégories. La première concerne la capture de l’image: elle explique notamment le fonctionnement des caméras, de la motion capture. La seconde s’intitule traitement de l’image, et vous apprendra comment les professionnels du milieu créent un effet spécial. Enfin, la dernière concerne le son au cinéma, tant la façon de l’enregistrer que la façon de le restituer.

La caméra et enregistrement vidéo

La motion capture

Traitement de l’image

Le son au cinéma

Dernière étape : la salle de cinéma

Si cette étape ne figure pas dans le processus de fabrication d’un film, elle reste néanmoins la phase finale du film. Parti d’une idée, d’un scénario, le film atteint dans les salles de cinéma le but pour lequel il a été créé. Une salle de projection actuelle est entièrement numérique. Finies les bobines, remplacées par des disques dur! (plus d’informations sur le projecteur conventionnel,  ici (page Wikipedia)).

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Projecteur conventionnel

Tout est maintenant dirigé par le biais d’un ordinateur connecté à un serveur, lui-même relié au projecteur.

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Ordinateur relié au projecteur et au serveur en dessous

Dans tout ceci, le projectionniste n’a aujourd’hui plus grand-chose à faire si ce n’est double-cliquer sur le fichier du film est attendre la fin de la séance, ce qui, pour beaucoup, créé une mécanisation du cinéma et retire l’aspect « humain » de la projection. Cependant, le passage au numérique a permis de faire évoluer le monde du cinéma. Ainsi, les films en 3D sont nécessairement projetés par le biais de tels projecteurs numériques. Cela permet aussi de réduire les coûts de fabrication d’un film, quand on sait que le prix d’une bobine argentique coût relativement cher, et d’assurer une meilleur diffusion de l’œuvre (il n’est plus nécessaire de passer la bobine de cinéma en cinéma comme c’était le cas avant). En outre, le support numérique permet une conservation intégrale du film, qui ne se dégrade pas, contrairement à la bobine argentique.

Ci-dessous, voici un court documentaire vidéo expliquant le passage de la projection conventionnelle à la projection numérique.

Comment fabrique-t-on un film ?

Le cinéma évolue en profitant de la technologie numérique pour s’améliorer, et ce processus d’évolution du cinéma ne se restreint pas seulement à la caméra 3D et aux effets spéciaux.  En effet, le numérique a bouleversé non seulement l’aspect technique, mais touche à la façon même dont sont fabriqués les films. Ici nous allons suivre le plus fidèlement possible les différentes étapes nécessaires à la sortie d’un film, tout en ciblant les endroits où les technologies numériques interviennent.

Le financement

La pré production

La production

La post production

La projection

D’où provient l’argent ?

Une fois que le réalisateur tient son scénario, il faut trouver les financements nécessaires à la réalisation. Classiquement, les réalisateurs s’adressent à des maisons de productions qui décident d’appuyer, ou non, un projet. Le coût de production d’un film peut varier d’un genre à l’autre et la différence entre un film numérique et un film sur bobine est assez élevée. Comme on peut le voir sur le tableau ci-dessous, les films de fiction sont ceux qui coûtent le plus cher, et l’explication tient en deux points: tout d’abord, les films de science-fiction sont très souvent tournés en intérieur, en studio, ce qui demande de concevoir des décors de taille considérable, et très coûteux. Ensuite, il y a le coût de traitement de l’image, qui nécessite beaucoup de moyens. On voit aussi que pour la réalisation d’un film d’animation, le coût de production a triplé du fait de l’évolution des techniques qui permettent de produire des films de plus en plus réalistes. La tendance générale est à la hausse comme le montre le tableau.

Coûts totaux des films pour un genre donné  (en M€) (source : Wikipédia)

Depuis les années 2000, il existe un moyen alternatif pour financer un projet : le « Crowdfunding », ou  plate-forme de financement participatif. Toute personne ayant besoin de fonds pour son projet peut déposer une annonce sur Internet visant à recueillir une somme d’argent. Si la somme demandée est atteinte, le cinéaste reçoit son financement. Si le montant n’est pas atteint, les contributeurs sont remboursés de la somme investie dans le projet. Il existe de nombreuses plateformes de ce type sur le web. Parmi les plus répandues, on pourra citer My Major Company, qui s’adresse à différents types de projets (cinématographique, musical, industriel, …) et qui a fait émergé, entre autres, le court-métrage et épisode pilote Le Petit Chaperon Rouge – la série, présenté au festival de Cannes 2013.

chaperon rouge
Affiche de la série le petit Chaperon Rouge présentée au festival de Cannes et financé en partie par le crowfounding

Cependant des plateformes spécialisé dans le 7ème art existe comme People for Cinema (http://www.peopleforcinema.com/) et Movies-Angels (http://www.movies-angels.com/).

Le numérique s’immisce jusque dans le financement d’un film, et apporte ses innovations par le biais d’Internet. Le système de financement participatif en est actuellement à ses premiers balbutiements et ne demande qu’à se développer, ce qui paraît probable au vu de l’engouement et de la popularité dont celui-ci jouit auprès des professionnels du milieu (Alexandre Astier a évoqué l’idée d’utiliser ce système de financement pour ses prochains films)